• Témoignage de Myriam M.

    Tout a commencé sur une plage d’Alger, en juin 2010. J’étais venue passer les grandes vacances dans mon pays d’origine. Assise sur le sable, profitant du beau temps, je discutais avec mes cousines quand un jeune homme s’est approché de nous.

    Il était plutôt beau garçon et nous avons commencé à discuter. Il m’a invitée à sortir, j’ai accepté et nous ne nous sommes plus quittés des vacances. Très vite, je suis tombée amoureuse. Un coup de foudre.

    Un mois plus tard, je suis retournée en France, à Marseille, mais nous avons décidé de continuer notre relation à distance.

    J’étais la femme de sa vie

    Pendant plus d’un an, nous avons échangé sur internet. Il ne se passait pas un jour sans que je lui envoie un mail et qu’il me réponde. J’ai cru tout ce qu’il me disait. Pour lui, j’étais la femme de sa vie, jamais il n’avait éprouvé de tels sentiments pour une autre femme. Il me promettait monts et merveilles et je l’ai cru jusqu’au bout.

    Et puis, au bout de quelque mois, il m’a demandée en mariage. C’était tout ce que j’espérais. Ma famille, elle, n’y croyait pas et n’a jamais cessé de me mettre en garde, mais j’étais amoureuse, je n’écoutais personne.

    Après la publication des bans, nous nous sommes mariés au consul de France à Oran le 19 décembre 2011. Nous avons fait une immense fête pour célébrer notre union. Parce qu’il n’avait pas de papiers français, nous avons dû attendre quelques mois avant de finalement pouvoir habiter sous le même toit. 

    Une idée en tête : aller à la préfecture

    Il est arrivé en France le 2 mai 2012. Tout de suite, j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Son comportement avait changé. Je le couvrais de cadeaux, je n’en ai eu aucun de sa part. Plus aucun mot doux ne sortait de sa bouche. Plus de gestes attentionnés. Plus rien.

    Dès son emménagement, il n’avait qu’une idée en tête : aller à la préfecture pour obtenir son titre de séjour.

    Je n’arrêtais pas de lui dire que cela pouvait attendre et que nous pouvions profiter, quelques jours seulement, de nos retrouvailles et pourquoi pas partir en voyage de noces. C’est ce que font les nouveaux mariés, non ? 

    Je ne me suis jamais rendue à la préfecture avec lui. Il y'est allé seul, alors que j'aurais dû l'accompagner, et a obtenu son titre de séjour.

    Ni amour, ni vie conjugale

    Pendant vingt jours, nous avons vécu ensemble mais progressivement tout ce que j’espérais s’est effondré comme un château de cartes. J’avais le sentiment de tomber dans un puits sans fond. Il n’y avait plus rien, ni amour, ni même une once de vie conjugale.

    Un silence sans fin s’était installé entre nous. Le soir, lorsque j’allais me coucher, je le voyais sortir de la chambre, allumer mon ordinateur pour se connecter à internet. Il parlait avec d’autres femmes sur des forums.

    J’ai alors compris que tout était faux. Il n’avait jamais eu le moindre sentiment à mon égard. Il m’avait épousée pour ma nationalité, pour avoir des papiers français.

    Parti du jour au lendemain, je ne l’ai jamais revu

    Le 23 mai 2012, 20 jours seulement après nos retrouvailles, il est parti sans prévenir, du jour au lendemain. J’ai essayé de le contacter sans jamais réussir à le joindre. J’étais effondrée, heureusement que ma famille était là.

    J’étais perdue, malheureuse. Après la douleur, c’est la colère qui s’est emparée de moi. Comment avait-il pu me faire ça ? Comment avais-je pu être aussi naïve ? Pourquoi la préfecture lui a-t-elle donné son titre de séjour avec son changement de statut alors que je n'ai jamais été présente ? J'ai prévenu la police qu'il avait abandonné le domicile conjugal.

    Au bout de quelques semaines, sans la moindre nouvelle de sa part, j’ai décidé de porter plainte auprès de mon commissariat. Ça n’a rien donné. Mon "mari" avait déjà obtenu son titre de séjour en tant que "conjoint français" et changé son permis de conduire pour disparaître de la circulation.

    Je ne l’ai jamais revu.

    Je l’aime encore

    J’ai finalement réussi à faire annuler mon mariage le 10 septembre 2014. Il y a quelques mois, j’ai eu gain de cause : il a été condamné à ce que son titre de séjour lui soit retiré et à 1.000 euros de dommages et intérêt.

    Aujourd’hui, j’ai conscience que je ne suis pas la seule femme à m’être fait avoir. Ce que je regrette, c’est que malgré cette condamnation, mon ex-mari n’a jamais été retrouvé. J’aimerais que justice soit faite.

    L’argent, je m’en fous. Depuis cette histoire, je n’ai rencontré aucun homme et je ne le veux pas car quelque part, je sais que je suis encore amoureuse de celui qui m’a tant fait souffrir. Il a détruit ma vie, il m’a brisé le cœur et malgré tout ça, je n’arrive pas à l’oublier.

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